Le parcours de yoga de Dian Annisa a commencé lorsqu’elle s’est éloignée de la vie d’entreprise et a choisi de s’écouter. Aujourd’hui, enseignante entre l’Indonésie et Dubaï, elle s’inspire du Vinyasa, du Rocket, du TCM Yin et du Functional Movement Control pour aider ses élèves à développer leur force, leur conscience et leur résilience. Guidée par la curiosité et façonnée par différentes cultures, son approche nous rappelle que le yoga ne consiste pas à en faire plus, mais à répondre à ce dont le corps a vraiment besoin.
Qu’est-ce qui vous a amenée à quitter la vie d’entreprise pour devenir professeure de yoga ?
Le tournant qui m’a amenée à choisir le yoga a commencé en 2023, lorsque la vie de bureau de 9 h à 17 h n’est plus entrée en résonance avec moi. Ma capacité à supporter la pression constante avait diminué, et j’ai commencé à ressentir de profonds déséquilibres dans mon corps causés par un stress professionnel prolongé. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de quitter ma carrière dans l’entreprise et de m’accorder du temps pour faire une pause, réfléchir et vraiment m’écouter.
À partir de là, mes journées ont été remplies de pratique du yoga et d’introspection. Je n’avais ni travail ni revenu, seulement le cadeau du temps et de l’espace. Pendant cette période, j’ai pratiqué en ligne avec une amie proche qui venait tout juste de terminer sa formation de professeure de yoga. À travers de longues conversations sincères, elle m’a offert des questions réparatrices et stimulantes qui m’ont aidée à mieux me comprendre. C’est alors que mon parcours de yoga a réellement commencé à s’élargir.
Quand je pratiquais, je ressentais de la joie et de la liberté, sans pression, sans attentes. Mon corps bougeait intuitivement, comme en lévitation, guidé uniquement par le souffle et la présence. C’étaient les sensations dont j’avais tant rêvé. Au lieu de partir en retraite de yoga, j’ai choisi de suivre une formation de 200 heures en YTT à Jakarta. Le chemin, cependant, ne s’est pas simplifié après l’obtention de ma certification. À bien des égards, c’est là que le vrai voyage a commencé.
Je suis retournée dans ma ville natale, Semarang, où il n’y avait alors aucun studio de yoga dans mon quartier. J’ai commencé à approcher différents espaces, espérant créer une petite communauté de yoga et offrir un lieu de pratique. Le Vinyasa n’y était pas encore populaire, et pendant le premier mois, j’enseignais tous les matins et tous les soirs avec un seul élève présent. À de nombreuses reprises, je me suis demandé si c’était la bonne voie pour moi. Malgré tout, mon intuition me murmurait sans cesse : continue, fais confiance au processus.. le temps le dira..
Au deuxième mois, l’énergie a changé. Environ 20 personnes ont commencé à venir régulièrement pratiquer le Vinyasa ensemble. La communauté s’est agrandie, et mon inspiration aussi. Ce qui me pousse encore aujourd’hui, c’est un désir sincère de soutenir les autres dans leur croissance, de les encourager à mettre leur corps et leur esprit au défi en toute sécurité, à se reconnecter à leur souffle et à comprendre comment ils bougent de manière plus consciente et plus autonome..

Comment l’Indonésie et Dubaï ont-elles façonné votre manière d’enseigner ?
L’Indonésie sera toujours ma maison. J’aime voir comment la communauté du yoga se développe, que ce soit à Semarang, Jakarta ou Bali. Là-bas, le yoga est plus qu’une pratique, c’est un mode de vie nourri par la conscience, la discipline, connection, et une volonté commune de continuer à apprendre. Cette énergie crée une vibration positive au sein de la communauté, inspirant chacun à grandir ensemble.
Dubaï est une ville de contrastes et d’élan. Elle évolue rapidement, avec ambition, raffinement et une vision tournée vers l’avenir ; pourtant, sous les tours de verre et le luxe se cache une ville profondément humaine, transitoire, façonnée par des personnes venues du monde entier, porteuses de rêves, de sacrifices et de renouveau. Dubaï récompense la discipline, la visibilité et la constance. La ville ne s’arrête pas pour les émotions ; elle reflète votre état intérieur.
Cet environnement dynamique a influencé mon parcours d’enseignement. Au début, je me demandais si mon style d’enseignement pouvait être trop exigeant pour les étudiants à Dubaï, ou s’il fallait que je l’adapte. Avec le temps, j’ai réalisé que l’enseignement ne consiste pas à me changer, mais à trouver un équilibre entre authenticité et compromis. L’authenticité, c’est honorer mes valeurs, mes besoins et ma voix intérieure. Le compromis, c’est la relation, l’adaptation et l’espace que l’on crée pour les autres ou pour la réalité. Quand ces deux aspects se rencontrent, la question essentielle devient : jusqu’où suis-je prêt·e à céder sans me trahir ?
Au cours des deux dernières années, j’ai appris que l’authenticité et le compromis ne sont pas des opposés. Ils exigent du discernement : savoir ce qui est flexible et ce qui ne se négocie pas.
Grâce à mon expérience, j’ai appris que le corps, l’esprit et le parcours de chaque étudiant comptent. Cette compréhension m’a amené·e à adopter l’approche du contrôle fonctionnel du mouvement en yoga, qui considère le yoga non pas simplement comme une série de postures, mais comme un système permettant de développer la conscience, la force, la coordination et la résilience dans le mouvement de la vie réelle.
Plutôt que de demander : « Jusqu’où peux-tu aller ? », le yoga fondé sur le contrôle fonctionnel du mouvement demande : « Dans quelle mesure peux-tu maîtriser le mouvement ? » Il encourage les étudiants à bouger en sécurité, à se sentir autonomes dans leur corps et à emporter cette conscience au-delà du tapis, dans la vie quotidienne, le sport et une pratique durable.
Malgré tout cela, mon parcours continue de grandir tandis que je trouve un équilibre entre ma pratique personnelle et l’enseignement. J’enseigne ce que je pratique, et je pratique ce que j’enseigne ; cela reflète l’apprentissage continu, la conscience et l’authenticité qui guident à la fois ma vie et mon yoga.
Comment le Vinyasa, le Rocket, le TCM Yin et le Functional Movement Control s’articulent-ils dans votre enseignement ?
Pour moi, ces pratiques ne sont pas des styles distincts, mais différentes expressions d’une même intention : aider les étudiants à bouger avec conscience, force et équilibre.
Le Vinyasa et le Rocket offrent un mouvement dynamique, de la force et de la coordination. Ils développent la résilience, la confiance et la capacité à traverser les défis avec présence. Le Functional Movement Control fournit la base de la manière dont le corps génère, transfère et contrôle le mouvement de façon sûre et efficace. Il permet aux étudiants d’explorer des pratiques dynamiques avec plus d’intelligence et de longévité.
Le TCM Yin complète le système. Il apporte l’immobilité, la récupération et la régulation du système nerveux, permettant au corps d’absorber et d’intégrer ce qui a été अभ्यासé. À travers le prisme du Yin-Yang, je vois ces approches comme des énergies complémentaires : les pratiques Yang cultivent l’action et la force, tandis que les pratiques Yin restaurent, assouplissent et rééquilibrent.
L’équilibre vient du fait de savoir quand se चुनौती et quand faire une pause. En intégrant ces approches, je vise à les guider vers une pratique durable et à long terme, qui soutient à la fois la performance et le bien-être, sur et en dehors du tapis. Aujourd’hui, je vois ces pratiques comme les éléments d’un seul système. Certaines pratiques développent les capacités, d’autres les protègent. Ma philosophie d’enseignement consiste à aider les étudiants à trouver cet équilibre : non seulement devenir plus forts, mais rester en bonne santé et dans une pratique durable sur le long terme.

Pourquoi pensez-vous que la force et l'immobilité vont de pair ?
Dans des environnements comme Dubaï, et je pense que c'est désormais vrai à l'échelle mondiale, il existe une culture du mouvement constant et de la productivité. Beaucoup de personnes, surtout les enseignants et les athlètes, pensent que plus est toujours mieux. Plus de cours, plus d'entraînement, plus d'intensité. Mais le corps ne fonctionne pas ainsi. Mon intérêt pour le mélange de ces approches vient de mon expérience personnelle. J'ai vécu ces deux extrêmes — des périodes de mouvement intense et rapide et des moments où mon corps avait besoin d'un repos et d'une récupération profonds.
Le fait d'en faire trop, de trop s'entraîner et d'être trop stimulé ne crée pas seulement de la fatigue musculaire, cela crée des déséquilibres plus profonds. Dans mon cas, cela a entraîné une blessure, et grâce à la médecine chinoise, j'ai appris qu'un excès de Yang peut aussi affecter les organes, le système nerveux et la santé émotionnelle. Beaucoup de gens ne s'en rendent pas compte avant que quelque chose ne se dérègle. À travers la blessure et la guérison, j'ai appris que la force sans récupération mène au déséquilibre, et que l'immobilité sans mouvement peut limiter la croissance
Mélanger des pratiques dynamiques avec le Yin de la MTC me permet d'enseigner aux élèves au-delà des formes et des enchaînements. Je veux qu'ils comprennent quand fournir un effort et quand s'arrêter, quand pousser et quand écouter. La force est importante, mais la récupération l'est tout autant. Le mouvement est guérisseur, mais seulement lorsqu'il est équilibré. Cette approche aide à prévenir les blessures, favorise la longévité et rappelle aux gens que le yoga ne consiste pas à en faire plus. Il s'agit de faire ce qui est approprié pour votre corps, à ce moment-là.
Comment le Functional Movement Control change-t-il la façon dont les gens pratiquent le yoga ?
Pour moi, le Functional Movement Control existe parce que je crois vraiment que le yoga est pour tout le monde, mais que tout le monde n'aborde pas le yoga de la même manière. Les corps sont différents, les parcours sont différents, et les temporalités sont différentes. Certaines personnes mettent des années à se sentir en sécurité dans une flexion avant, tandis que d'autres y parviennent en quelques jours. Aucune des deux n'est meilleure ou pire : cela signifie simplement que le corps apprend différemment.
Grâce à ma propre expérience, j'ai appris que la longévité dans la pratique vient de la manière dont nous bougeons, et non de l'apparence avancée d'une posture. Le Functional Movement Control apprend aux élèves à bouger avec intention, à comprendre où un mouvement commence, quels articulations sont impliquées et comment différentes parties du corps se soutiennent mutuellement. Au lieu de forcer la flexibilité, nous construisons d'abord la stabilité.
En tant qu'enseignante, cela signifie que je ne m'appuie pas sur des séquences mémorisées ou des formes rigides. J'observe. Je m'adapte. Je rencontre les élèves là où ils en sont. Je les guide pour ouvrir une zone tout en engageant une autre, afin que le corps se sente soutenu plutôt que sollicité. Cela crée de la conscience, réduit les tensions inutiles et aide à prévenir les blessures.
Avec le temps, cette approche renforce la confiance à la fois dans le corps et dans la pratique. Les élèves bougent avec plus d'assurance, plus de contrôle et moins de peur. C'est ce qui favorise la longévité : bouger en conscience, respecter le rythme du corps et permettre au yoga d'être quelque chose que l'on peut maintenir toute sa vie, et non seulement exécuter sur le moment.

Vous animez des retraites à la fois en Indonésie et à Dubaï. Qu’espérez-vous que les élèves vivent lors de vos retraites ?
Lorsque je crée des expériences de retraite à travers différents paysages et cultures, mon intention n’est pas d’offrir une échappatoire, mais de créer un espace de reconnexion, en particulier pour les femmes. Dans des lieux au rythme effréné comme Dubaï, il est facile de perdre le contact avec le corps, avec la nature et avec notre rythme intérieur. Les retraites deviennent une pause douce, un moment pour ralentir, se réancrer et revenir à ce qui compte vraiment.
C’est pourquoi Bali est le lieu de mon Presspause Retreat (19–25 juillet). Avec sa relation étroite à la nature, à la communauté et à la sagesse ancestrale, Bali offre le cadre idéal pour renouer avec la terre, avec nos corps et les uns avec les autres.
Ce qui rend cette retraite spéciale, c’est la manière dont la médecine traditionnelle chinoise et les Cinq Éléments sont explorés à travers l’expérience vécue. Chaque journée commence par du yoga et de la méditation le matin, invitant les femmes à ressentir comment les rythmes de la nature se reflètent à l’intérieur du corps à travers le mouvement, l’immobilité et la pleine conscience connection.
Plutôt que de se concentrer sur le fait d’en faire plus, la retraite consiste à être présente—en favorisant une conscience plus profonde, l’équilibre et un sentiment de clarté qui peut être emporté dans la vie quotidienne.
À quoi ressemble votre pratique personnelle aujourd’hui ?
En ce moment, ma pratique personnelle repose sur la constance et l’intention plutôt que sur l’intensité. Le mouvement et l’enseignement restent ma vocation, mais je les aborde avec une plus grande conscience. Ma pratique personnelle se concentre sur le mouvement fonctionnel : ralentir les choses, décomposer les schémas et construire à partir des bases au lieu de se précipiter vers des expressions complètes.
Je passe beaucoup de temps à explorer la mécanique articulaire, en particulier au niveau des hanches, des épaules et de la colonne vertébrale, ainsi que la façon dont elles travaillent ensemble pour créer stabilité et soutien. Je pratique une force contrôlée en utilisant différentes formes d’engagement musculaire, permettant au corps de se sentir fort et en sécurité plutôt que tendu. Des accessoires simples comme les haltères et les bandes de résistance m’aident à développer ma force d’une manière moderne, athlétique et intentionnelle.
En même temps, j’ai appris que la récupération n’est pas facultative. L’immobilité fait désormais partie de ma pratique, et non quelque chose d’extérieur à celle-ci. Le Yin, les mouvements plus lents et le repos aident à équilibrer un travail plus dynamique et axé sur la force. Cette combinaison me permet de continuer à bouger sans m’épuiser. De temps à autre, je me rends aussi dans une clinique d’acupuncture pour aider à réguler ma circulation énergétique et libérer toute stagnation dans le corps.
L’équilibre ne signifie pas faire moins.. Cela signifie faire les choses plus intelligemment. Lorsque le mouvement est soutenu par la conscience et la récupération, le corps devient plus résilient, les blessures diminuent, et la pratique devient quelque chose que l’on peut maintenir sur le long terme, à la fois en tant qu’élève et en tant qu’enseignante.

Qu’est-ce que l’enseignement à travers les cultures vous a appris ?
L’une des plus grandes leçons que j’ai apprises est l’importance de me laisser de l’espace pour grandir, de réfléchir à mes expériences et d’avoir le courage d’apprendre de mes erreurs. Enseigner à l’international m’a montré que la croissance ne vient pas de la perfection, mais de la volonté d’écouter, de s’adapter et d’évoluer.
Mes élèves ont été mes plus grands enseignants. Plus je voyage et j’enseigne au sein de différentes communautés, que ce soit en Asie ou au Moyen-Orient, plus je comprends que les gens abordent le yoga de façons très différentes. Chaque élève arrive avec son propre parcours, son histoire corporelle, sa culture et son intention. Il n’existe pas une seule façon correcte de pratiquer, et apprendre à respecter cela a profondément façonné ma manière d’enseigner.
Créer un espace pour des communautés diverses ressemble à l’épluchage lent d’un oignon. À chaque lieu et à chaque groupe, une nouvelle couche apparaît. À propos des gens, de la culture et de moi-même. Cela m’a appris l’humilité, la patience et l’empathie. Plutôt que d’imposer une idée figée du yoga, j’ai appris à rencontrer les gens là où ils en sont et à permettre à la pratique d’être quelque chose de vivant, de réactif et d’inclusif.
En fin de compte, enseigner à l’international m’a rappelé que le yoga concerne moins la technique que connection - connection envers le corps, les uns envers les autres et envers l’expérience humaine partagée.
Quelle est la suite de votre parcours ?
Pour la suite, ce qui m’enthousiasme le plus est de continuer à enseigner, car c’est vraiment ce que je considère comme ma vocation. En même temps, j’élargis mon parcours à travers des collaborations avec des écoles de yoga pour soutenir des programmes de formation de professeurs, animer des ateliers et saisir les opportunités de voyage lorsqu’elles se présentent.
Mon objectif est de construire et de me connecter à des communautés diverses, en créant des espaces sûrs et inclusifs où les personnes peuvent bouger, apprendre et vivre le yoga de manière plus profonde et plus significative. Je vois ce nouveau chapitre à la fois comme un chemin de partage et d’apprentissage, offrant ce que j’ai recueilli grâce à la pratique tout en restant ouverte à une croissance continue.
En 2026, j’ai particulièrement hâte d’accueillir mon retraite Presspause de 7 jours à Uluwatu, Bali (du 19 au 25 juillet), une retraite réservée aux femmes invitant les participantes à découvrir les secrets de l’énergie de leur corps à travers la médecine chinoise, le Yin Yoga et des pratiques de pleine conscience. Cela me semble être une prolongation naturelle de mon enseignement. Un espace pour ralentir, écouter intérieurement et renouer avec l’intelligence innée du corps.

Pratiquez avec Dian
Rejoignez Dian Anissa pour une pratique de Vinyasa Yoga conçue pour tous les niveaux. Ce cours propose une séquence fluide et régulière pour mobiliser tout le corps, synchroniser la respiration avec le mouvement et développer la conscience sur le tapis. Tout ce dont vous avez besoin est un tapis de yoga, avec deux blocs en option pour un soutien supplémentaire chaque fois que vous en avez besoin. Une pratique équilibrée à laquelle vous pouvez revenir à tout moment.
Playlist Dian x Manduka
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